19. Donner la vie, est-ce seulement avoir beaucoup d’enfants?

Avoir des enfants, c’est certainement la première manière de donner la vie… et c’est une aventure belle et extraordinaire. Il en existe cependant d’autres. L’adoption en est un exemple, de même qu’un engagement de couple au service de la société ou des pauvres, comme l’ont fait par exemple Raoul et Madeleine Follereau pour les lépreux…

  • Avoir des enfants, ce n’est pas seulement leur donner la vie biologique. Ce n’est pas non plus une affaire de quantité — avoir beaucoup d’enfants. Avoir des enfants, c’est aussi assumer la responsabilité de les faire grandir. L’éducation, en effet, est un réel enfantement. Contrairement à l’animal, tout homme doit apprendre à diriger, dans toute la mesure du possible, son existence.
  • Eduquer, c’est conduire quelqu’un à émerger d’une existence naïve et l’aider à prendre sa vie en main, de manière consciente, libre et responsable. C’est donner à l’enfant, homme en devenir, la possibilité de construire sa vie de manière personnelle, de développer ses propres talents tout en intégrant les acquis culturels, les valeurs morales et spirituelles de l’humanité.
  • A ce niveau, soulignons l’importance de l’éducation à l’amour, don de soi. « L’amour des parents, de source qu’il était, devient l’âme […] qui inspire et guide toute l’action éducatrice concrète, en l’enrichissant des valeurs de douceur, de constance, de bonté, de service, de désintéressement, d’esprit de sacrifice, qui sont les fruits les plus précieux de l’amour. » (Familiaris Consortio 36) Enfin, les parents chrétiens sont invités à proposer à leurs enfants tout ce qui est nécessaire à la formation progressive de leur personnalité d’un point de vue chrétien et ecclésial.
Témoignage

Août 1982 : que je suis heureuse !
Pour la première fois, je suis grand’mère. Ma fille aînée vient de donner le jour, en Allemagne, à une petite Céline. Aussitôt je décide de leur rendre visite. Mon mari, quant à lui, doit se rendre pour affaire en Italie. Anne, notre fille cadette, décide de l’accompagner. Je passe une semaine merveilleuse à pouponner. Un soir, le téléphone sonne. Mon mari m’annonce qu’Anne a été grièvement blessée dans un accident de moto. Affolée, je saute dans le premier avion en partance pour Milan. Dès que j’aperçois mon mari je comprends que notre enfant est morte. Elle avait 15 ans, elle était belle, gaie, débordante de vie et c’est à la morgue que je la retrouve… Pourquoi, pourquoi… ?

Pendant l’enterrement de notre enfant, au moment de la communion, mon cœur se brise : je ressens un profond désir de recevoir l’hostie, il me semble que c’est la seule chose qui pourra apaiser la douleur brûlante de mon cœur. Mais je n’ai pas été baptisée. Je comprends mal ce désir ardent de communier. Une semaine après, je me décidai à aller voir le curé de la paroisse.

Maman d’une multitude

Je fus baptisée quelques mois plus tard et cette découverte de Dieu m’a permis de ne pas me renfermer complètement sur ma douleur : en effet, à la rentrée suivante, on me proposa d’enseigner le catéchisme aux enfants. Pourquoi moi, pensais-je, qui ne peux plus voir un enfant sans fondre en larmes ! Mais Dieu savait ce qu’Il faisait. Il savait que seule l’affection d’autres enfants pouvait me guérir de mon chagrin.

Cela fait à présent dix ans que les enfants illuminent ma vie et que l’angoisse et les pleurs ont été balayés par l’amour qu’ils me témoignent. Et ce n’est pas fini, car je m’occupe aussi maintenant de personnes âgées dans une maison de retraite : vous vous rendez compte, je suis devenue la maman d’une multitude d’enfants dont le plus jeune a 8 ans et l’aîné 102 ans !

Charlotte