22. Ma destinée n’est-elle pas fixée dès ma naissance?

Il apparaît légitime que nous nous interrogions sur notre avenir, sur ce que nous allons faire de notre vie. Le recours à l’astrologie, la voyance ou la numérologie (etc.) peut se concevoir comme une réponse aux situations qui, bientôt, vont se présenter ou comme une sorte d’antidote contre la peur du futur.
En réalité, ces diverses pratiques sont des croyances qui, tout en se basant sur des données plus ou moins scientifiques, donnent des interprétations qui ne sont en rien rationnelles.

  • L’astronomie, par exemple, est une discipline scientifique ; l’astrologie, elle, est une superstition, voire même une supercherie : les données qu’elle utilise traditionnellement sont sujettes à caution lorsque l’on sait que depuis deux siècles on a découvert trois nouvelles planètes dans le système solaire (Uranus, Neptune, Pluton). Sait-on également que la position des signes du zodiaque varie peu à peu relativement à l’axe de la terre ? Il résulte que l’astrologie se base sur des données qui, scientifiquement parlant, ne sont pas fiables. Quel crédit accorder alors aux interprétations qu’elle propose d’un thème astral, par exemple ?
  • De plus, le fait même d’interpréter pose un problème : toute interprétation se fait en fonction d’une grille de référence. Or l’on sait qu’il existe plusieurs écoles, interprétant les données astrologiques de manières diverses ; pourquoi se fier à l’une plutôt qu’à l’autre ? On peut même soupçonner l’interprétation de se rapprocher de la divination… quels mobiles l’inspirent ?
  • On pourra encore objecter que les prédictions de l’astrologue ont marché pour telle ou telle personne… Dans le nombre important de soi-disant prédictions, il n’est pas inconcevable que l’une ou l’autre tombe juste, par hasard ; et il n’est pas inconcevable non plus que la personne ayant consulté le “voyant” n’ait été fascinée, enfermée par la prédiction (voir le témoignage ci-contre) !
    N’oublions pas non plus que ceux que l’on consulte peuvent être capables, en observant un “client”, de décrypter ses angoisses, ses attentes et même quelques traits importants de sa personnalité : ce n’est pas là de la voyance ; simplement un peu de psychologie …
  • Quoi de plus normal que de prendre en considération notre avenir ? Mais la peur du lendemain peut-elle justifier ou la croyance dans des superstitions ou le renoncement à notre liberté ? Fatalismes et pseudo-déterminismes enchaînent notre liberté.
    Il est compréhensible que lorsque l’on ne sait pas pourquoi on est fait, on ait peur du lendemain ; mais plutôt que de se reposer sur des dérivatifs, est-ce que cela ne vaut pas la peine de se poser les vraies questions, qui seules nous permettront d’avancer ?
Témoignage

J’ai longtemps été passionnée d’astrologie. J’étais persuadée qu’il y avait là une source de connaissance très sûre.

Comme je suivais des cours par correspondance pour devenir astrologue, des personnes de plus en plus nombreuses me demandaient de faire leur thème astral. Or un jour, une femme que son mari venait de quitter, vint me trouver. Elle voulait savoir s’il y avait des chances qu’il revienne. Je fis son thème astral, et constatant qu’il annonçait une période de bouleversement, lui laissait entendre qu’il fallait peut-être qu’elle se tourne vers autre chose…
Quinze jours plus tard, j’appris qu’elle s’était suicidée !

Ce fut pour moi un terrible choc. N’avais-je pas par mes prédictions influencé cette femme et contribué ainsi pour une part à la mener au désespoir ? Au lieu de l’aider à assumer son présent, ne l’avais-je pas écrasée par les révélations d’un hypothétique avenir ?
Depuis ce jour-là, je n’ai jamais plus touché à l’astrologie.

Sabine